On vient de m’apprendre une bonne nouvelle que je me dois de vous annoncer : j’ai la joie incroyable d’avoir été élue Java Championne! Aussi inimaginable que cela puisse l’être pour moi, je rejoins ainsi les bancs de ce collège prestigieux, aux côtés de Josh Bloch, James Gosling, Bob Lee, Adam Bien, Gavin King… et de notre ami JUG leader Antonio Goncalves. Je le remercie d’ailleurs d’avoir proposé ma candidature au titre! Et un grand merci également aux Duchesses qui ont soumis l’idée!

Java Champions

J’espère que cela constituera une prophétie positive pour les débuts de Ninja Squad!

Il y a un an, lorsque nous étions en voyage autour du monde avec Cyril, on se demandait quels projets nous feraient rêver à notre retour en France. Et notamment, quels projets professionnels.

Et si on créait l’entreprise de nos rêves? Oui, mais encore faut-il savoir ce que serait une entreprise de rêve pour les développeurs que nous sommes.

Agnès donnant une conférence à l'université Gunardama en Indonésie

Ca pourrait être par exemple une boîte où nous nous accordons le temps de hacker sur les sujets de notre choix. Où nous avons toute latitude de mener des projets d’édition qui nous trottent dans la tête, de tenter de les développer, de se donner le temps d’essayer, même si nous ne sommes pas sûrs que ça marche… N’oublions pas qu’on a été biberonné aux écrits enthousiastes de Joël Spolsky sur le sujet! Et comment se consacrer à un projet sur un grand laps de temps sans facturer?
Et bien il faut être solidaire! Ca serait une boite coopérative dans laquelle on décide collégialement parmi nos idées dans lesquelles on investit.

Mais est-ce vraiment possible de trouver des gens dans le même esprit? Des gens séduits par l’idée que certains d’entre nous consacrent leur temps (ou une partie de leur temps) à des projets d’édition, alors que les autres effectuent des prestations rentables immédiatement afin d’assurer les salaires de tout le monde?

Et bien oui, c’est possible… On en a au moins trouvé quatre! Quatre développeurs qui se disent qu’il est plus important de tenter une expérience de création de produit, quitte à la râter, plutôt qu’espérer avoir son salaire variable… Quatre à mettre plus de valeur dans ce qu’on produit, ce qu’on code, comment on le code, que dans le titre de nos cartes de visite et le chiffre en bas de nos fiches de paye.

Agnès en voyage autour du monde


Et moi, Agnès, pourquoi ai-je monté Ninja Squad avec ces 3 autres ninjas? Et bien pour toutes les raisons que je viens de citer. Parce que la forme coopérative m’intéresse. Parce que je me suis dit qu’après 10 ans de boulot c’était le moment de tenter l’expérience. Et un an de congé sabbatique m’a également permis de faire le point sur comment vivre au plus près de ses aspirations personnelles. Je suis donc très heureuse d’être co-fondatrice de Ninja Squad!
Le plus dur c’était sûrement de se lancer. Même s’il est encore trop tôt après 3 mois d’activité pour juger si cela va fonctionner comme on peut le rêver, on se rend déjà compte qu’il ne semble pas si difficile de trouver des missions, même sans commercial ni manager… Et que sans les coûts de leurs salaires et de locaux, la pression financière n’est pas si importante, ce qui nous laisse d’autant plus de liberté pour s’investir dans ce qui nous fait plaisir. Je ne sais pas où on sera dans un an, en tout cas, les premiers pas de l’Escadron des Ninjas sont tout à fait exhaltants!